Je me balade parfois aux abords de leur vie.
On m'y voit, mais on ne sait qui je suis.
Je regarde les heures et le temps à tuer,
Que la vie leur a un jour donner.

J'entends le rire des enfants s'envoler,
Au loin dans un écho de gaieté.
Et mon coeur a mal , car mon coeur sait,
Que cette joie toute innocente va s'en aller.

Leurs corps pas très jolis et diminués,
Vont un jour les séparer du monde entier.
Je voudrais les prendre contre moi, les cajoler,
Comme si je pouvais d'un seul geste tout leur éviter.

Éviter les regards dégoutés ou indifférents,
Qui se poseront sur eux au fil des ans.
Éviter que ces enfants aux rires un peu sacadés,
Ne croisent un jour notre dédain , notre méchanceté.

Mais je sais bien que rien ne va changer.
Et j'ai le coeur en chagrin juste d'y penser.
Petits trésors que la vie a handicapée..
Vos rires ce matin ne cessent de m'attrister.

J'ai mal pour eux, j'ai honte de moi,
D'avoir mal face à leurs échos de joie.
Je voudrais leur cacher le culte de la société,
Du corps sculté et de la beauté.

Je voudrais pouvoir leur dire,
Que rien d'autre ne compte que d'aimer,
Mais je ne pourais le faire sans mentir,
Car on ne sait plus vraiment ce que c'est que d'aimer

On connait les avenues du désirs,
Les avenues du plaisir que l'on masque,
Sous l'étiquette de l'amour on s'en tire,
Mais ce n'est que de l'envie que l'on cache.

Je suis triste et j ai mal pour eux,
Pourtant c'est moi qui est à plaindre.
Mon corps attire et rend désireux,
Des âmes qui de l amour ne savent que feindre.


©Copyright Erika Arpin 1998-2011 Tous droits réservés
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